SOIXANTE-CINQ

Les princes d'autrefois,
qui connaissaient le Tao
ne l'enseignaient pas au peuple.
Car un peuple est difficile à gouverner
s'il a trop de savoir.
Celui qui utilise le savoir pour gouverner
ruine son pays.
C'est pour cela
qu'il faut garder le peuple
dans son heureuse ignorance.
Celui qui le gouverne
dans la simplicité
le rend prospère et tranquille.
Ces deux principes
sont à la base de tout gouvernement.
Les connaître,
c'est posséder la vertu suprême,
c'est avoir devant les yeux
le modèle des modèles.
La vertu suprême est illimitée,
insondable, mystérieuse.
Elle ramène tous les êtres
à la sublime harmonie,
vers où
tout s'achemine.

   << PRECEDENT    { Tao Tô King }    SUIVANT >>   
nouvelle traduction de Conradin Von Lauer ---- Editions Jean de Bonnot 1990